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dimanche 18 septembre 2011

WHAT THE DOG SAW - Malcolm Gladwell (2009)

Résumé de l'éditeur:
[Le livre n'est pas encore traduit en Français]
Gladwell's fourth book comprises various contributions to the New Yorker and makes for an intriguing and often hilarious look at the hidden extraordinary. He wonders what... hair dye tell[s] us about twentieth century history, and observes firsthand dog whisperer Cesar Millan's uncanny ability to understand and be understood by his pack. Gladwell pulls double duty as author and narrator; while his delivery isn't the most dramatic or commanding, the material is frequently astonishing, and his reading is clear, heartfelt, and makes for genuinely pleasurable listening.
En résumé, ce quatrième (et dernier) livre de Gladwell est un recueil des contributions de l'auteur au journal le New Yorker durant ces 15 dernières années. Cela en fait un regard fascinant et souvent hilarant à l'extraordinaire caché de ces dernières années.

Avis:
** Le livre se compose de dix-neuf des meilleurs essais de l'auteur, dont les sujets vont de la contraception, au Ketchup, en passant par l'éducation. Comme toujours lorsqu'un livre compile une série d'articles, certains sont meilleurs que d'autres et les articles manquent parfois de liants les uns avec les autres même si l'auteur les a classifiés en trois grandes parties: 1- Les obssessifs, les pionniers et autres variétés de petits génies ; 2- Théories, prévisions et diagnostics ; 3- Personnalité, caractère et intelligence.
** La première partie regroupe des anecdotes sur les pitchmans (vendeurs de rue), le ketchup, des stratégies d'investissement particulières, du colorant pour les cheveux, la pilule contraceptive et l'homme qui parlait aux chiens. Les deux dernières sont les plus intéressantes, mais de manière générale cette partie n'est pas la meilleure du livre manquant surtout de vraies leçons à tirer des anecdotes.
** La deuxième partie est beaucoup plus intéressante, notamment lorsque Malcolm explique la différence entre mistery et puzzle (mystère où le nombre d'information est très important et il faut donc aujourd'hui le trier ; alors qu'avant l'information était plus difficile à avoir et il fallait s'efforcer de les récupérer pour assembler le puzzle) à travers l'anecdotes du scandale d'Enron. Aussi intéressante est l'anecdote des sans-abris où il explique que ce problème de société est plus compliqué (et revient surtout plus cher) à s'occuper au jour le jour qu'à résoudre ! Il explique aussi que pour résoudre le problème, il faut s'occuper des cas de sans-abris les plus durs: les cas chroniques, alcooliques, drogués, etc .... avant de pouvoir résoudre le problème dans son ensemble. Il explique aussi à travers d'autres anecdotes la différence entre paniquer/panick (principalement dû au manque d'expérience) et caler/chock (blocage complet des capacités malgré l'expérience acquise, cas assez fréquent dans le sport de haut niveau où certains sportifs peuvent complétement perdre leurs moyens aux moments les plus critiques!).
** La dernière partie a quelques anecdotes intéressantes, mais qui se rapprochent de certaines idées déjà évoquées dans les livres précédents de Malcolm (notamment Blink) et en ce sens ne sont donc pas très innovantes. A noter celle sur le mythe du talent (investissement à outrance sur les talents en leur donnant une autonomie et un pouvoir presque absolu, les rendant finalement incontrolables, car ne travaillant pas pour l'organisation mais "au-delà" de celle-ci) mise en place à Enron et McKinsey et précipitant la chute du premier !

Extraits:
** Concernant l'histoire de la pilule: "But it is impossible to read it without being struck by the consequences of John Rock's desire to please his Church (that he will quit at the end!). In the past forty years, millions of women around the world have been given the Pill in such a way as to maximize their pain and suffering. And to what end ? To pretend that the Pill was no more than a pharmaceutical version of the rhythm method ?" - p114
** "But the prosecutor was wrong. Enron wasn't really a puzzle. It was a mistery." - p151 (sous entendu tous les éléments d'information étaient disponible pour voir que les résultats de la compagnie n'étaient pas aussi bon que prévus, mais ils étaient cachés au milieu d'une foule d'autres éléments!).

THE TIPPING POINT - Malcolm Gladwell (2000)

Résumé de l'éditeur:
["The Tipping Point - How little things can make a big difference" traduit en français donne "Le Point de bascule - Comment faire une grande différence avec de très petites choses"]
New York, capitale du crime, est soudainement devenue une ville sécuritaire au milieu des années 90. Pourquoi ? Les Hush Puppies, résolument out en 1993, ont reconquis le marché mondial en quelques années à peine. Pourquoi ? Sesame Street, malgré sa mission éducative, a complètement séduit des millions d'enfants dès sa première saison. Pourquoi ? Faisant la genèse de ces succès retentissants, l'auteur, journaliste au New Yorker montre que des changements mineurs, minutieusement planifiés et mis en œuvre, peuvent provoquer de véritables épidémies sociales. Décrivant les oiseaux rares, ces individus exceptionnels qui propagent la tendance, et s'attardant au pouvoir insoupçonné d'infimes éléments de contexte, il explique comment se produit la contagion. Rien ne résiste à son analyse : modes vestimentaires, tabagisme, publipostage, idéologie religieuse, société de haute technologie... pas même la Révolution américaine ! Lecture palpitante, Le point de bascule fournit des points d'ancrage précis à quiconque veut initier un mouvement qui fera boule de neige. Et prouve qu'avec un peu d'imagination et un bon levier on peut faire bouger le monde." Pas de doute, les gens qui liront le livre de Gladwell seront davantage en mesure de décoder leur environnement social. Le point de bascule, plus qu'une lecture passionnante, est une lecture nécessaire. L'ouvrage nous amène à mieux comprendre le monde, tout simplement ", Diane Bérard, rédactrice en chef, Revue Commerce. " Le point de bascule figure parmi mes meilleures lectures des dernières années. C'est un ouvrage fascinant, recherché, écrit de façon brillante, qui vient une fois de plus confirmer les immenses vertus du réseautage. Voilà qui me fait bien plaisir ", Lise Cardinal, auteur de Comment bâtir un réseau de contacts solide et de Réseautage d'affaires : mode d'emploi. " Avec passion et éloquence, Malcolm Gladwell défend l'hypothèse voulant que des changements mineurs, judicieusement conçus et mis en œuvre, puissent avoir des conséquences majeures dans la vie des gens, des entreprises, des communautés ", Barry Glassner, Los Angeles Times Book Review. "Le point de bascule synthétise les concepts propres à divers champs d'études - épidémiologie, psychologie, sociologie et dynamique des groupes - et les applique à une vaste gamme de comportements sociaux et de tendances culturelles. Utilisée à bon escient, une telle connaissance recèle un énorme potentiel ", Paula Geyh, Chicago Tribune. " L'un des aspects les plus intéressants du livre de Gladwell est la façon dont il confirme que nous sommes des êtres profondément sociaux et mutuellement influençables, et ce, en dépit de toute la place qu'occupe la technologie dans nos vies ", Deirdre Donahue, USA Today


Résumé tiré du web:
Le point commun entre tous ces phénomènes est qu’il sont assimilables à des épidémies. Ils s’expliquent par la dynamique particulière qui se créée entre un groupe d’individus, les actions des uns étant influencées par celles des autres. L’épidémie est donc fonction des agents qui transmettent l’infection, souvent en très petit nombre au début, l’infection elle-même, et l’environnement dans lequel l’infection se développe. La plupart des épidémies naissent et meurent sans affecter beaucoup de monde. Lorsque l’épidémie bascule, c’est à dire qu’elle explose, c’est qu’un changement important s’est produit dans l’un des trois facteurs.

Gladwell appelle ces trois facteurs la loi des rares (the law of the few), le facteur d’attachement (the stickiness factor), et la puissance du contexte (the power of context).
  • La loi des rares signifie que dans une dynamique sociale au sens large, certains individus ont plus d’importance que d’autres. Ce sont eux qui vont jouer un rôle moteur dans la bascule, ou non, de l’épidémie. Malcolm en distingue trois principales catégories: les connecteurs (connectors) qui sont les personnes avec un très grand réseau social qui pourront donc "connecter" les personnes de différentes catégories sociales entre elles ; les virtuoses (mavens) qui savent tout sur un sujet et le transmettent aux autres pour les aider (les geeks par exemple en informatique) ; et les représentants (salesmen) qui peuvent persuader de tout. Dans la mode, par exemple, domaine épidémique par excellence, ce seront les faiseurs de tendance, ceux qui sont capables d’influencer la mode de l’été prochain. Ceux que les autres regardent, consciemment ou non, comme une référence en la matière.
  • Le facteur d’attachement est le degré avec lequel le « message » pénètre et persiste dans la population. Dans le domaine de la publicité, ça peut être la force d’un slogan qui touche une corde particulière et de ce fait est retenu avec force, voire même fait partie du patrimoine culturel. Avec le sida, c’est l’évolution du virus, sans doute né dans les années 50, qui dans les années 80 devient beaucoup plus résistant et agressif.
  • La puissance du contexte suggère que l’épidémie se développe ou meurt en grande partie en fonction du contexte dans lequel elle évolue. Dans le cas de la jeune femme assassinée sans réaction des témoins, une étude approfondie a montré qu’il ne s’agissait pas, comme on l’avait initialement pensé, d’un cas typique d’indifférence des grandes villes, mais d’un problème contextuel. Les chercheurs ont en effet montré à l’aide d’expériences que plus il y avait de témoins lors d’un événement grave, moins chacun avait tendance à intervenir pour aider. Chacun pense que l’autre va intervenir, et plus on est nombreux, plus on a de chances d’avoir raison, du moins en théorie. Dans le cas de la jeune fille, personne n’a appelé la police non pas malgré le fait qu’il y avait 38 personnes, mais parce qu‘il y avait 38 personnes.
Ces trois concepts permettent d’expliquer beaucoup de phénomène épidémiques en apparence inexplicables. Prenons un exemple très actuel avec Cindy Sheehan, la mère d’un soldat américain tué en Irak. Jusque très récemment, il était inconcevable aux États-Unis de remettre en question la guerre en Irak. Le faire aurait été une trahison et aucune chaîne de télévision n’aurait pris le risque de le faire. En tout cas jusqu’à il y a quinze jours, où Mme Sheehan s’est installée devant le ranch du Président Bush pour protester. Depuis, l’Amérique entière parle de sa démarche, des milliers de protestataires l’ont rejointe, et le doute s’installe sur le bien fondé de la guerre. D’un point de vue épidémique, le point de basculement semble atteint. Regardons comment cela s’explique:
  • La loi des rares: Mme Sheehan est anonyme, mais elle a réussi à toucher l’Amérique sur son cas personnel. Elle n’est pas une politicienne attaquant le président, mais juste une mère qui a perdu son fils et demande pourquoi. Difficile de l’attaquer sur ce point, et difficile de ne pas s’identifier à sa douleur.
  • Le facteur d’attachement: Environ 70 soldats meurent chaque mois et environ 300 sont blessés, parfois très gravement. Si l’on compte 10 membres de famille proche, et 25 amis, ce sont environ 14.000 personnes par mois qui sont directement touchées par un deuil du à la guerre en Irak. Un nombre suffisamment élevé pour  que l’événement finisse par « coller » dans la population américaine.
  • La puissance du contexte: la dégradation de la situation en Irak, l’augmentation du nombre de soldats tués, l’impression d’enlisement, l’optimisme exagéré du gouvernement, qui tranche avec la situation, tout cela a créé un contexte dans lequel les américains ont commencé à douter, confusément, que tout allait si bien.


Avis:
** Toujours et encore génial ! Chronologiquement, ce livre est le premier de Malcolm Gladwell qui l'a donc rendu célèbre dans le monde.
** Ce qui en fait sa force, comme ses autres livres, est le grand nombre d'anecdotes et d'exemples auxquels il fait référence. Alors bien sûr certaines ne sont plus vraiment d'actualité (déjà plus de 10 ans depuis la parution du livre), mais la manière dont ils sont tout d'abord racontés en mettant en avant l'avant et l'après rupture (beaucoup de crimes à New York - plus du tout de crimes à New York ; pas de suicides en Micronésie - plein de suicides ; ...) et ensuite décryptés et analysés afin d'expliquer les raisons du point de bascule, donne une nouvelle fois un rythme au livre et une envie brûlante de tourner les pages et d'en apprendre plus.
** Car, pour finir, le dernier enseignement de ce livre est qu'en plus d'offrir une agréable lecture, il nous permet d'en apprendre plus sur le monde et surtout sur les événements qui nous entourent, nous donnant certaines clés et méthodes afin de favoriser le basculement de nos idées, nos solutions ou nos organisations ! Avoir du réseau et savoir l'utiliser en est une déjà bien connue, limiter les organisations à un nombre clé de 150 personnes en une autre plus innovatrice ! 

mardi 19 juillet 2011

LE MONDE DE SOPHIE - Jostein Gaarder (1995)

Résumé:
Tout commence le jour où Sophie Amundsen, une jeune fille de quinze ans, trouve dans sa boîte une lettre qui lui est adressée, et sur laquelle n'est inscrite qu'une seule phrase : « Qui es-tu ? ». Puis une autre où est écrit : « D’où vient le monde ? » Questions essentielles à toutes philosophies. Elle se retrouve ainsi catapultée, un peu malgré elle, dans un monde philosophique comprenant les cours de philosophie donnés par l'énigmatique Alberto Knox, qui a le don de faire comprendre à Sophie (et aux lecteurs aussi donc) la philosophie, les courants, les visions du monde, les personnages en fait passionnants de cette discipline à première vue rébarbative et ennuyeuse. Ainsi commence, sous la forme d'un roman d'aventure, un voyage au pays des philosophes, en quête de réponses dans une longue visite des principales figures de la philosophie: de Socrate à Sartre en passant par Platon, Aristote, Descartes, Spinoza, Hegel et bien d’autres. Mais au fil de l’histoire des faits troublant apparaissent, à commencer par des cartes reçues par Sophie qu’elle doit faire joindre à une inconnue nommée Hilde MØller Knag et les mystérieuses manifestations du père de cette dernière, Albert Knag.

" Qu'est-ce qu'il y a de plus important dans la vie ? Tous les hommes ont évidemment besoin de nourriture. Et aussi d'amour et de tendresse. Mais il y a autre chose dont nous avons tous besoin : c'est de savoir qui nous sommes et pourquoi nous vivons. "



Résumé des grandes visions / philosophes abordés:
- L'auteur commence l'histoire de la philosophie par les mythes de l'antiquité grecques. Puis avec les premières philosophes de l'Occident: Démocrite, Socrate, Platon et Aristote.
- Ils passent ensuite rapidement la période du Moyen Âge pour arriver jusqu'à la Rennaissance et le Baroque.
- Les visions philosophiques détaillées ensuite sont celles de Descartes, Spinoza, Locke, Hume, Berkeley avant d'arriver ensuite au siècle des Lumières.
- Pour finir avant d'évoquer l'époque contemporaine, l'auteur s'attarde également sur les pensées de Kant, Hegel, Kierkegaard, Marx, Darwin et Freud.


Auteur:
Jostein Gaarder est né en 1952 à Oslo. Après avoir enseigné la philosophie et l'histoire des idées à Bergen en Norvège, il se consacre aujourd'hui à sa carrière littéraire et a créé une fondation de défense de l'environnement. Il connaît, dans son pays, un succès unanime pour une œuvre d'une profonde originalité. C'estLe Monde de Sophie qui l'a définitivement consacré auprès de la critique et du grand public, en Norvège et à l'étranger (Allemagne, Suède, Italie, USA, France, etc...).


Avis:
** Ce gros livre est parfait pour se retracer l'histoire de la philosophie depuis les antiques Grecques jusqu'à l'époque contemporaine.
** Malgré un sujet (l'histoire de la philosophie et chacun de ses courants) pas forcément toujours passionnant, l'auteur réussi à rendre sa lecture très agréable grâce à une trame narrative proche du roman (l'histoire d'une petite fille découvrant de nouvelles visions du monde à travers une foule de personnage, le tout relaté par un professeur "assez" énigmatique).
** Après son originale découverte, la trame narrative devient petit à petit répétitive et la fin du livre est un peu longue, malgré des rebondissements assez inattendus ...
** On pourra regretter également que l'histoire de la philosophie se borne à celle de l'Occident et n'aborde pas celle des autres parties du monde (du côté de l'Orient par exemple avec Confucius ou les philosophes chinois).

dimanche 17 juillet 2011

BLINK - Malcolm Gladwell (2005)

Résumé de l'éditeur:
["Blink" traduit en français donne "La force de l'intuition" .... en traduction littérale "Cligner des yeux"]
Pourquoi certaines personnes font-elles des choix judicieux alors que d'autres s'enfoncent toujours dans la mauvaise direction ? Pourquoi les meilleures décisions ne sont pas forcément prises par ceux qui ont le plus gros QI ou possèdent le plus d'informations ? Malcolm Gladwell décortique le processus de la prise de décision et affirme que l'intuition, bien employée, est meilleure conseillère que de longues études ou réflexions : elle nous permet, en deux secondes, d'évaluer au plus juste l'essentiel des situations.
C'est l'art -inconscient- du " balayage superficiel ". On sait, sans savoir pourquoi. Pour revaloriser ce formidable outil, Gladwell nous entraîne dans une enquête fouillée et passionnante. La Force de l'intuition est un état des lieux de la recherche en neuro-sciences et biologie des émotions. C'est aussi un livre émaillé d'histoires, de rencontres, de tests. Un texte provocateur et divertissant, qui devrait changer à jamais votre manière de penser et d'agir.
Livre-événement, livre-phénomène, vendu à 1,5 millions d'exemplaires aux Etats-Unis et traduit dans trente-cinq pays, La Force de l'intuition a été en tête des listes des meilleures ventes dès sa parution en février 2005.


Résumé tiré du web:
Le jour où Malcolm Gladwell, journaliste au New Yorker, a décidé de changer radicalement de style de coiffure en passant de sa coupe « sage » à un style afro, il s’est aperçu que les gens autour de lui se comportaient différemment envers lui : il se faisait arrêter très régulièrement par la police, dans les aéroports il devenait quasi systématiquement la cible des fouilles, etc. Ce changement de comportement soudain l’a poussé à se pencher sur le mécanisme inconscient par lequel nous formons nos impressions.
Qu’elles soient bonnes ou mauvaises, comment prenons-nous des décisions et pourquoi quelques personnes sont-elles meilleures que d’autres pour prendre les bonnes décisions ? C’est pour essayer de répondre à cette question que Malcolm Gladwell mène une enquête fouillée sur l’art de bien utiliser ce qu’il nomme l’intelligence instantanée. Celle qui permet, selon lui, de prendre des décisions sur des sujets simples ou très complexes quasi instantanément, dans les 2 premières secondes, en faisant l’impasse sur les statistiques, les études, les réflexions, etc. Du moins en apparence, car il nous explique que nous effectuons inconsciemment ce qu’il appelle du « thin slicing » (découpage fin) de l’information pour en extraire un certain nombre de structures élémentaires (les paterns) que l’on va comparer à notre expérience acquise et en déduire un schéma global de réponse.


Dans Blink, il nous dépeint tour à tour l’histoire de cet expert en antiquités grecques qui reconnaît instantanément une excellente copie d’une statue de marbre, alors que le musée Getty avait passé des mois à tenter de l’authentifier. Ou ce psychologue de capable de repérer en quelques secondes les couples qui ne tarderont pas à se séparer. Ou encore ce chef d’orchestre qui repère le musicien qui lui faut en à peine trois secondes après le début d’une audition.
En parallèle, il nous dresse une liste de décisions prises sur l’instant dont les conséquences seront complètement néfastes ! Tout simplement parce que ceux qui les ont prises n’avaient pas l’expérience nécessaire pour le faire… nous rappelant que mal utilisé, les décisions instantanées n’ont pas que du bon !


Au terme de son livre, Malcolm Gladwell conclue en nous disant que :
  • Dans notre monde saturé d’informations, en savoir moins peut souvent contribuer à une meilleure décision. Surtout que la clé pour prendre une bonne décision n’est pas l’accumulation des connaissances, mais leur compréhension.
  • Une personne avec de l’expérience et une bonne formation dans un domaine spécifique finit par exceller dans l'art de prendre des décisions instantanées et obtient des résultats proches de 100%.
Malcolm Gladwell, provocateur dans l’âme, multiplie tout au long de son livre les exemples et contre-exemples, les tests et les rencontres pour décortiquer le processus de cette « intelligence instantanée ». Mais l’absence totale de bases scientifiques à ses affirmations lui vaut tout de même d’être fortement décrié par certains, au point qu’un livre a été écrit pour le parodier : « Blank, the power of not actually thinking at all ».

Avis:
** De nouveau génial ! Malcolm utilise un nombre incroyable d'exemples pour démontrer le fonctionnement et le pouvoir de nos intuitions.
** Cet enchaînement d'exemples donne un vrai rythme au livre et nous le fait littéralement "dévorer".
** Une nouvelle fois, ne croyez pas que ce livre est une recette pour se construire les meilleures intuitions du monde (cf. les critiques), cependant il donne véritablement des recettes pour mieux les comprendre et les maîtriser.
** Une critique peut-être à formuler en comparaison de "The Tipping Point" ou "Outliers" est le côté un peu moins structuré et organisé de la pensée de Malcolm dans ce livre qui laisse les anecdotes s'enchaîner avec parfois un peu moins de liant qu'habituellement.

OUTLIERS - Malcolm Gladwell (2008)

Résumé de l'éditeur:
Outliers, littéralement « hors-norme », est un livre qui détruit certaines de nos croyances populaires au sujet du succès. Les gens qui réussissent sont souvent admirés pour leur talent et leur persévérance mais pourtant ces 2 éléments suffisent-ils à expliquer la réussite ?
De temps à autre, certains soulignent la chance qu’ils ont eu de se trouver au bon endroit, au bon moment mais pour autant est-ce tout ce qui contribue au succès ?
Et si quelques phénomènes simples mais non-observés étaient des ingrédients décisifs dans la réussite de ceux que l’on nous montre comme modèle ? C’est la thèse de ce livre qui explique, au travers de plusieurs exemples, pourquoi le succès n’est pas une recette dont nous avons forcément les ingrédients.

Résumé tiré du web:
Etre un bon joueur de hockey est lié à un facteur inattendu…
Le livre commence par une démonstration simple dans le domaine du hockey sur glace et de la manière dont sont sélectionnés les joueurs. Un jour, parfaitement par hasard, quelqu’un remarque que les joueurs juniors de niveau A, les meilleurs des meilleurs, ont tous un point commun : ils sont nés durant les 3 premiers mois de l’année. L’explication est simple : la sélection des joueurs se termine au premier janvier et par conséquent, les enfants qui sont nés en début d’année sont largement avantagés par rapport à ceux qui sont nés à la fin de l’année.
Même si le talent de ces joueurs n’est pas en cause, le seul fait qu’ils soient nés au bon moment par rapport à la période de sélection leur donne un avantage considérable car à 10 ou 12 ans, avoir presque 12 mois d’avance sur les autres élèves est déterminant au niveau physique et en terme d’expérience acquise.
Le phénomène a même été confirmé en Belgique où la date limite de sélection est passée de août à janvier et où au bout de quelques années ont pouvait faire le même constat.
Ces mêmes joueurs que l’on viendra nous présenter comme étant des génies dans leur domaine auront en fait bénéficié d’un concours de circonstance…
Le truc, c’est que ça n’enlève rien à leur talent mais par contre cela écarte tous les autres qui, à entrainement équivalent, auraient atteint un niveau similaire !
Les musiciens ne deviennent pas bon par hasard...
L’autre exemple pour illustrer que les gens hors-norme ne le sont pas forcément par hasard, c’est celui de l’académie de musique de Berlin. En 1990, une expérience menée par un psychologue et des professeurs de musique commence par la création de 3 groupes d’élèves. Dans le premier, les meilleurs élèves furent regroupés. Dans le second, ceux qui étaient considérés comme étant bons et dans le troisième groupe ceux qui n’avaient pas l’intention d’en faire leur profession et qui semblaient être attirés par le fait de devenir professeur.
Tous ces joueurs ont commencé à jouer à l’âge de 5 ans. A cet âge, ils jouent pendant 2 ou 3 heures chaque semaine mais vers l’âge de 8 ans, des différences notables commencent à apparaitre. Ceux qui étaient dans le groupe 1 jouent plus que les autres et vers l’âge de 20 ans ils pratiquent leur instrument pendant 30 heures chaque semaine soit environ 10 000 heures de pratique contre 8 000 heures pour le groupe 2 et 4 000 heures pour le groupe 3.
Des ratios similaires ont été observés parmi un groupe de violonistes : 10 000 heures est un seuil qui semble garantir un niveau exceptionnel. Cela rejoint le dicton « Il n’y a pas d’échec mais simplement un abandon ».
Les Beatles ont atteint un niveau qui leur a permis de conquérir le monde en ayant une pratique intensive dans les bars de Hamburg en jouant des nuits entières de 7 à 9 heures et cumulant plus de 10 000 heures avant de devenir célèbres.
Pire, ce ne sont pas les seuls artistes ou sportifs qui répondent à ce qui semble être une règle : le business aussi.
Les exemples qui suivent vous parleront : Bill Gates, Steve Jobs, Bill Joy (Sun) et d’autres ont tous eu l’opportunité de pratiquer intensivement leur talent avant d’en faire une véritable force.
Bill Gates a eu accès à l’un des rares ordinateurs grâce à une série de conditions improbables sans quoi il n’aurait jamais pu développer son expertise. Tous ont du talent mais ce sont surtout les conditions externes qui ont permis l’accomplissement du projet.
Plus loin, le livre compare les génies entre eux. Il montre que dans ce domaine, avoir un QI exceptionnel ne suffit pas pour réussir sa vie. Dans une étude qui a suivi des génies pendant plusieurs années, la conclusion est frappante : ceux qui ont réussi ont bénéficié d’un autre avantage que le QI. Sur l’ensemble des personnes suivies, seul un nombre restreint a exploité son talent. La plupart vit « comme monsieur tout le monde » et l’autre partie n’a rien fait de particulier. Le facteur critique dans ce cas, c’est le niveau social.
Les personnes surdouées qui viennent d’un milieu aisé ont eu les conditions qui ont permis la réalisation de leur talent et parmi ces conditions, le facteur important c’est le fait d’avoir une certaine assurance. Les personnes issues des milieux modestes ont tendance à ne pas remettre en cause l’autorité et à se méfier de tout le monde alors que les personnes issues des milieux aisées savent demander et obtenir ce qu’elles veulent des autres.


Nous aimons les belles histoires…

Quoi de plus courant qu’une success story qui raconte « Fils d’une famille déchirée par l’alcool, ce n’est qu’après avoir trainé dans la rue qu’un producteur remarque son talent. Dès son premier rôle, il explose l’écran et sa carrière s’envole… »
Déjà vu non ?
Ou encore : « Descendant d’une famille modeste d’immigrés, cette femme parti de rien a monté un empire en quelques années… »
Le truc, c’est que nous sommes friands d’histoires où, malgré les chances réduites, le personnage remporte la victoire. Vous vous souvenez de Star Wars ? Rien de plus universel que cette histoire pourtant là aussi il y avait un petit détail qui donnait un avantage considérable au jeune Luke : l’hérédité. (ce n’est pas dans le livre mais je trouve que ça aurait se place!)
Les journalistes ne creusent pas souvent ce qui se cache derrière les success story et je vous recommande d‘être méfiant à la lecture de ces réussites faciles : oui il est possible de réussir, non ce n’est certainement pas comme le raconte un pauvre article que cela s’est fait.
Prenez les articles de magazine comme Capital et c’est à vous déprimer car tout semble facile pour ceux qui figurent sur du papier glacé.
J’aime bien les biographies pour ça. Elles retranscrivent souvent des détails clés du parcours de ces personnes. Celle d’Arnold Schwarzenegger m’avait vraiment éclairé sur des points importants de sa vie que ne peut présenter un article.

Qu’est-ce qu’il y a avec les avocats juifs à New York ?

Le livre continue ensuite et examine l’immigration juive à New York dans les années 1900. Il montre brillamment  comment les premières générations mettent en oeuvre ce qu’elles savent déjà faire, principalement dans le textile, et développe des business transformant New York en première ville productrice de vêtements.
Ensuite, la génération suivante évolue et bénéficie des conditions mises en place par leurs parents pour faire des études et ainsi l’on retrouve une flopée d’avocats et de médecin.
Il souligne aussi que le fait d’être Juif a joué un rôle déterminant dans le fait de monter des cabinets d’avocats florissants : en étant exclus des cabinets traditionnels qui fonctionnaient de manière fermé, les nouveaux avocats ne traitaient que des dossiers déconsidérés comme le droit des affaires.
L’importance d’être né au bon moment était critique car lorsque le droit des affaires devint une discipline critique pour les entreprises dans les années 70, ces avocats avaient plus de 20 ans de pratiques et étaient les spécialistes incontournables du domaine.
Dans les chapitres suivants on balaie 2 sujets également surprenants.
Le premier, c’est la vie d’un village reculé des USA qui possède un taux de mortalité par balle très important. Ce qui est marrant, c’est que tous les autres types d’agressions sont plus faibles que la moyenne nationale mais qu’étrangement cet indicateur est hors-norme.
Harlan est situé dans le Kentucky et son histoire explique bien des choses. Le village est crée en 1819 par une famille venue du nord des îles Britanniques et peu à peu, plusieurs familles viennent s’installer à cet endroit. Encore aujourd’hui, c’est une ville dont les habitants possèdent un accent fort reconnaissable et qui accordent une importance première à l’honneur.
Ces origines expliquent l’attitude des gens au travers de l’histoire de ce village. Elles expliquent pourquoi il y a eu autant de morts par balle et pourquoi quelqu’un qui est humilié doit absolument laver son honneur. Au procès d’une personne qui avait descendu quelqu’un qui se moquait de lui depuis plusieurs mois seul un jury le considérait comme coupable « Il ne serait plus vraiment un homme s’il n’avait pas tué ce gars ».

L’histoire surprenante des crash aériens...

Le second sujet est aussi étonnant : les crash aériens. A un moment donné de l’histoire de l’aviation, la nationalité n’était pas vraiment prise en compte dans les relations pilote/tour de contrôle et la lecture des derniers échanges avant certains crash étaient hallucinants.
Les discussions mettent en avant que les origines ethniques des membres de l’équipe expliquaient de nombreux crash à cause d’un élément : la relation au pouvoir.
On retrouve des histoires où des contrôleurs aériens de New York (donc supposés être des citadins acerbes) donnent des instructions à un pilote colombien pour attendre avant d’atterrir qui, malgré le fait qu’il n’ai plus de carburant, accepte sans broncher et fini par se crasher à cause de ça.
On trouve des situations où c’est le pilote qui agit en dépit du bon sens et que le co-pilote ne dit rien de direct pour changer les choses : il ne donne que des indications faibles qui sont en fait, dans son niveau de langage, plutôt familier.
Un classement des pays qui possèdent une plus ou moins forte relation au pouvoir (la distance hiérarchique de Hofstede) a permis de prendre en compte de facteur. En fonction du pays d’origine de l’équipe, ses membres acceptent avec plus ou moins de soumission les inégalités du moment.
Vous serez peut-être surpris d’apprendre que d’après ce classement, la France est un pays qui possède un indice de 70 signifiant que les personnes subissant le pouvoir sont plus à même d’accepter les inégalités et les signes forts de ses dirigeants… (l’exemple typique contraire étant les pays suédois où les ministres prennent le métro).

Suite et fin...

La suite du livre est tout aussi intéressante. L’auteur y analyse sa propre histoire au travers du traitement de la couleur de peau en Jamaïque et de l’ensemble des circonstances qui ont permis à sa mère de faire des études malgré le fait que souvent les noirs étaient purement et simplement des esclaves à cette époque.
C’est un excellent livre qui rappelle simplement une chose : les plus grands succès ne reposent pas uniquement sur le talent. Une partie vient du timing et quelques réussites le reconnaissent « J’ai eu de la chance » et une autre partie est liée à la mise en place de conditions favorables.
Sans pour autant alimenter le fatalisme en nous, je pense que ce livre doit imprimer le fait qu’il faut composer avec ce que l’on a et qui l’on est. Parfois, ce sera le chemin vers un succès visible et retentissant et parfois la réussite sera modeste mais dans le fond peu importe. Ce qui compte, c’est d’avoir mis en oeuvre son talent et d’avoir avancé.
Ne nous cachons pas derrière des excuses comme « si j’avais été né 10 ans plus tôt », « si j’avais reçu ton éducation »… Faites avec ce que vous avez :)

Auteur:
Malcolm Gladwell est un journaliste et écrivain. Il est né en Angleterre, sa famille a émigré au Canada en 1969 et il vit aujourd'hui aux États-Unis.
Son père était professeur de génie civil à l' Université de Waterloo en Ontario, au Canada, et sa mère, d'origine jamaïcaine, est psychothérapeute.
Il a obtenu un diplôme en histoire à l' Université de Toronto,Trinity College, en 1984.
De 1987 à 1996, Malcolm Gladwell a travaillé au Washington Post d'abord à titre de journaliste scientifique, puis comme correspondant en chef du bureau de New York.
Depuis 1996, il fait partie de l'équipe de rédaction du magazine The New Yorker.


 

Avis:
** Le premier "cinq étoiles" de ce blog !! Pour l'originalité, l'intelligence de cet auteur surprenant !
** Le succès est ici de manière brillante expliqué et décortiqué avec toute une série d'exemples et de démonstrations à l'appui (pragmatisme à l'américaine).
** Ne vous méprenez pas, ce n'est pas du tout un livre de recettes sur comment réussir dans la vie, mais un livre qui explique les origines essentielles de chaque succès: les opportunités (opportunity) que l'on a dans la vie (ou pas) et l'héridité (legacy) qui nous donne (ou non) des avantages qui feront la différence. Pour le reste tout dépend de nous !